LES PROJETS DES ÉCOLES DE GAP EMBRUN ST-BONNET
Circonscription
Hautes-Alpes
 

Les vignes

lundi 30 mai 2016, par Philippe BERTOCHIO

Réalisé dans le cadre du projet « Trésor de mon village » de l’O.C.C.E. des Hautes-Alpes

La tradition viticole de l’Embrunais est depuis bien longtemps ancrée dans la mémoire des agriculteurs et à Châteauroux elle est toujours bien vivante. Même si les surfaces plantées ont énormément réduit, le paysage révèle de nombreuses traces de cette culture sur les coteaux exposés sud sur de petites parcelles, de part et d’autre de l’ancienne route nationale, au nord du village.

Le vignoble s’étage à Châteauroux-Les-Alpes de 900 m à près de 1100 m d’altitude, grâce à une exposition privilégiée de coteau sud-est, un sol caillouteux protégé du vent du nord et un bel ensoleillement. La route a eu un rôle important durant de nombreux siècles pour le commerce du vin avec les régions voisines.

On raconte que ce sont les romains qui ont amené la culture de la vigne dans la région. Elle se développe en même temps que la multiplication des monastères au XIIème siècle. Sous le règne de Louis XIV, avec l’arrivée des garnisons (Embrun, Montdauphin), la production de vin augmente fortement. Environ 5 à 6 litres de vin par personne et par jour ! Le vin est consommé par tous : hommes, femmes, enfants (une « goutte » de vin dans l’eau afin de tuer les bactéries).

Juste après la Révolution française, une enquête avait été lancée pour estimer les modes de fonctionnement des communautés et leur mode de subsistance.
Pour la commune de Châteauroux, voilà ce que l’on pouvait y lire : Le vin qui se perçoit dans le vignoble de la commune de Châteauroux excède de beaucoup la consommation des habitants ; il est leur plus grande ressource pour payer leur charges, et pour se procurer les choses de première nécessité qu’ils ne récoltent pas. Mais il est de mauvaise qualité, il ne peut être exporté que dans le voisinage, à Embrun ou à Mont Dauphin, lorsqu’il y a de la garnison…

La production de vin va s’effondrer à la fin du XIXème siècle, avec la multiplication en 1870 du phylloxéra : c’est un insecte minuscule venu des États-Unis dans des bateaux ayant débarqué au port de Marseille. Cet animal vit sur la vigne, pompe la sève, ce qui entraîne la mort de la vigne. Entre 1870 et 1900, la production de vin a diminué de 70 %. Sans oublier l’exode rural et l’arrivée du chemin de fer qui va faciliter les importations des vins de Provence. A partir des années 1950, la mécanisation et les tracteurs arrivent. Les vignes les plus accessibles en bord de route sont gardées. Celles des hauteurs sont abandonnées. Vers 1960, c’est la fin des vignes.

En 1988 une association crée une vigne expérimentale avec le Parc des Ecrins. L’intérêt pour la vigne renaît alors. On fait l’inventaire des cépages existants qui se révèlent d’une grande variété. Les agriculteurs, la mairie et le Parc national des Ecrins plantent cette vigne (cépages : Chardonnay, Muller-Thurgau, Pinot gris, Pinot noir, Marsanne, Chasan, Jacquère, Altesse), pour déterminer les cépages les mieux adaptés au terroir castelroussin. La parcelle se situe à la sortie nord du village, le long de l’ancienne route nationale. Depuis 2000, l’expérimentation est terminée et elle a permis d’améliorer la qualité de la production de vin.

 
Circonscription de Gap1 LES PROJETS DES ÉCOLES DE GAP EMBRUN ST-BONNET – 12 av. maréchal Foch - 05000 GAP – Responsable de publication : Mme Sophie PINAZO
Dernière mise à jour : mercredi 16 octobre 2019 – Tous droits réservés © 2008-2020, Académie d'Aix-Marseille